Un essai mené dans le vignoble suisse sur trois ans montre que, dans un contexte de carence azotée mar quée des moûts, la fertilisation foliaire appliquée seule à la véraison ne suffit pas à rétablir une concentration en azote assimilable par les levures dans les raisins (N ass) supérieure au seuil œnologique de 140 mg N/L, quelle que soit la forme d’engrais. Safe N 300 (azote minéral) reste la référence, avec la plus forte augmen tation moyenne de N ass (+96 % par rapport au témoin), suivi par Lalstim Osmo (+71 %) et Aminofert (+41 %), tandis que Trainer (+16 %) et Nutribio N (0 %) n’ont montré aucun effet significatif. Lalstim Osmo, appliqué dans les conditions de l’essai, a induit une phytotoxi cité nette sur les feuilles et les raisins, avec baisse du poids des baies et du rendement, augmentation de l’acidité titrable et de la proportion de NH4+ dans le N ass, suggérant un retard de maturation. Safe N 300 a, au contraire, surtout augmenté les acides aminés, plus favorables au potentiel aromatique des vins. Les conditions de millésime ont fortement modulé la vigueur, le rendement et la composition des moûts, les années plus humides améliorant l’efficacité des apports foliaires. Globalement, les résultats indiquent que les engrais organiques testés, aux doses et au calendrier choisis, sont nettement moins efficaces et plus coûteux que l’azote minéral pour corriger la carence en N ass, et que l’intérêt agronomique d’un apport foliaire orga nique unique à la véraison reste faible. Les perspectives portent plutôt sur un fractionnement des applications organiques entre floraison et véraison, avec l’objectif de favoriser leur assimilation et de stimuler la vigueur de la plante plus que de corriger directement le N ass.