Dans la production laitière, l’élevage influence la performance de la future vache laitière, mais représente aussi un cout important. En Suisse, les génisses Holstein ont en moyenne 27,2 mois lors de leur premier vêlage. Une réduction de cet âge au premier vêlage (APV) peut optimiser la rentabilité de la production laitière. Cette étude s’appuie sur un modèle pour évaluer les avantages économiques des marges brutes d’un APV de 23 mois («précoce») par rapport à un APV de 27 mois («standard») pour un troupeau de 50 vaches Holstein en production sans ensilage. Des analyses de scénarios permettent de comparer l’influence de la production laitière et du prix des fourrages grossiers sur les résultats. Les résultats de l’étude montrent qu’il est plus rentable de viser un APV de 23 que de 27 mois. La différence de marge brute totale entre les deux versions d’APV est de 9653 fr. Ces résultats s’expliquent par une quantité de lait plus élevée et des couts d’élevage moindres dans le troupeau «précoce», ces derniers étant liés à une durée d’élevage plus courte et à un besoin en génisses plus faible pour un même taux de remonte. Lors d’un vêlage précoce, la longévité productive de la vache est augmentée. Cette étude fait l’hypothèse que la quantité de lait produite est plus élevée dès la première lactation lors d’un vêlage à 23 mois. Les scénarios montrent que le troupeau «précoce» reste plus rentable si les deux troupeaux produisent la même quantité de lait. Le troupeau «standard» devient plus rentable si sa production augmente de 5 %, à production constante du troupeau « précoce ». En conclusion, un troupeau de Holstein suisses dont le premier vêlage intervient à 23 mois est plus rentable, selon ce modèle, qu’un troupeau avec vêlage à 27 mois. Une application de ce modèle à des exploitations suisses pourra apporter des précisions sur les avantages économiques d’un vêlage à 23 mois.